Entretien avec Mr Gerard Latortue, ancien premier ministre d’Haiti de 2004 jusqu’au mois de Juin 2006.

La radio Telé Solidarité dans sa volonté de rencontrer toutes les composantes de la société Haitienne a rencontré Mr. Gerard Latortue, ancien fonctionnaire des Nations Unies et ancien premier ministre de transition d’Haiti de 2004 au mois de Juin 2006. Cette entrevue a eu lieu à Boca Raton le 14 Aout dernier. Cet entretien  a eclairé nos lanternes sur la carrière de Mr Latortue aux Nations Unies et sur son passage comme premier ministre de transition d’Haiti de 2004 à 2006. Le gouvernement de Mr Boniface et de Mr Latortue avait succédé au gouvernement élu du president Jean Bertrand Aristide renversé en Febrier 2004.

Mr Gerard Latortue est un fils de la ville des Gonaives, surnommée la cité de L’independance. Mr. Latortue dans son entretien nous fit savoir qu’il a passé toute son enfance et une bonne partie de sa jeunesse dans cette cite historique. Il fit donc toutes ses études primaires et secondaires jusqu’à la classe de Retho dans cette ville. Il entra à Port-au-Prince pour faire la classe de Retho au Lycée  Louverture. Après ses études secondaires il entra à l’ecole de droit où il fut le lauréat de sa promotion, ce qui lui valut une bourse en l’année 1956 pour aller se perfectionner dans une université Francophone à Paris. Ainsi donc il passa 4 ans aux études à Paris. Il retourna en Haiti au mois de Juillet 1960 pour aller apporter sa contribution à sa terre natale. Au mois de Septembre 1960, une mission du bureau international du Travail Des Nations Unies entreprit une étude sur les centres artisanaux ruraux d’Haiti. L’Etat  Haitien a du fournir quelqu’un pour accompagner les experts du bureau international du Travail. Gerard Latortue trouva cet emploi jusqu’en 1961. Après le depart des Cooperants, Maitre Latortue trouva un emploi au ministère du Travail et des Affaires Sociales et c’est là qu’il fut choisi comme economiste dans la commission qui preparait le Code du Travail de Francois Duvalier pour evaluer les avantages sociaux qu’on allait donner aux travailleurs de cette époque et être sùr que ces avantages n’allaient pas créer de problème à  la croissance economique d’Haiti. Il fonda ainsi le premier centre universitaire d’etudes economiques et commerciales qui existe encore aujourd’hui et qui a contribué à la formation de beaucoup de cadres Haitiens. Il a du laisser Haiti pour les États Unis en l’année 1962. Il se rendit à Washington et ensuite à Porto Rico où il fut professeur à l’université de Porto Rico de 1963 jusqu’à l’année 1972. Après cela, il travailla près de 30 ans aux Nations Unies notamment au Togo, en Cote d’Ivoire et ensuite fut responsable à Vienne du service de Planification Industrielle des Nations Unies. Il travailla aussi en Malaisie, au Cameroum et en Indonesie. Il clotura sa carrière aux Nations Unis à Vienne ayant obtenu le grade de Managing Director en assistance technique sur l’ensemble de tous les pays en voie de developpement. Il termina ses fonctions aux Nations Unies avec competence étendant sa supersision sur l’Afrique, l’ Amérique Latine , l’ Asie et un peu partout dans le monde.

Dans son entretien il mit l’accent sur l’elite économique d’Haiti  qu’il considère comme des épiciers qui n’ont rien fait pour developer Haiti au niveau industriel. Il mentionna que L’elite economique préfère acheter en Republique Dominicaine pour vendre au lieu de produire en Haiti et continua pour nous dire que L’elite économique se compose de gens qui n’ont pas le souci d’apporter une contribution au developpement industriel  d’Haiti.

Mr. Latortue nous a donné son opinion sur la solidarité planetaire à l’egard d’Haiti après le tremblement de terre de 2010 où les etrangers ne voient jamais les intérêts d’Haiti mais les leurs propres. Il mentionna le nom de Bill Clinton et de certains grands ONGS qui n’ont pas fait grand chose pour Haiti après le tremblement de terre . Ces gens la qui ont recu l’aide pour aider Haiti ont loué des maisons de 60,000$ US le mois en Haiti et certains de leurs employés ont recu entre 15000 et 20000 dollars US comme salaire mensuel en Haiti. Il insista que 80% de l’aide donnée à Haiti après le tremblement de terre passèrent dans les frais d’administration et le gouvernement Haitien de cette epoque a accepté cette situation sans rien dire. Il continua pour nous dire qu’il y a beaucoup de sommes promises à Haiti qui ne sont jamais arrivées en Haiti. Il mentionna que nos dirigeants sont toujours là pour faire plaisir aux Blancs ou aux étrangers. Le plus souvent les desirs du Blanc sont des ordres pour les dirigeants d’Haiti. Haiti n’a pas toujours la chance d’avoir des dirigeants qui defendent ses interêts.

Il nous a donné les raisons qui l’ont motivé à accepter le poste de premier ministre de transition d’Haiti après le renversement du gouvernement élu de Jean Bertrand Aristide en Fevrier 2004. Pour une bonne partie de la population c’etait une année où  le peuple Haitien tant à l’interieur qu’à l’exterieur aurait du s’asseoir ensemble pour celebrer le 200ème anniversaire de notre independence.. Beaucoup de faux amis d’Haiti exploitent la division et les divergences des Haitiens pour faire avancer leur agenda contre notre peuple.  Les Haitiens doivent toujours se rappeler cette fameuse phrase de l’anthropologue, etnologue et feministe Francaise Francoise Heritier: Diviser les forces enemies c’est bien mais diviser ses propres forces est une lourde faute.

Mr. Latortue donna son opinion sur le renversement du President Aristide, sa cohabitation avec le president Boniface et sa satisfaction d’avoir organisé des elections democratiques au cours de son passage comme premier ministre de transition d’Haiti.

Enfin il nous a parlé de son  livre “l’oeuvre Legislative Du Gouvernement de transition d’Haiti(2004-2006).” Pour écouter son entretien clicquer sur ce


Brother Tob

 

Interview with Mr Gerard Latortue, Former Prime Minister of Haiti from 2004 to June 2006.

Radio Telé Solidarité in its commitment to meet all the components of the Haitian society met Mr. Gerard Latortue, former United Nations official and former transitional prime minister of Haiti from 2004 to June 2006. The interview took place in Boca Raton, Fl. in August of this year. This interview brought much light on Mr. Latortue’s career at the United Nations and on his performance as Haiti’s transitional prime minister from 2004 to 2006. The government of Mr. Boniface and Mr. Latortue replaced the elected government of Haiti. President Jean Bertrand Aristide was overthrown in February 2004.

Gerard Latortue is a son of the city of Gonaives also called the city of Independence. Mr. Latortue in his interview let us know that he spent all his childhood and a good part of his youth in that city. So he did all his primary and his high school studies until the class of Retho in the city of Gonaives. He then went to Port-au-Prince to complete his high school at Louverture High School. After high school he entered the law school in Haiti where he became the laureate of his promotion. Hence, he earnt a scholarship in the year 1956 for post graduate studies at a French university in Paris. He spent 4 years of studies in Paris. He returned to Haiti in July of 1960 to bring his contribution to his homeland. In September of 1960, a mission of the United Nations International Labor Office came to Haiti to study the rural craft centers in Haiti. Mr. Latortue was picked to escort these experts. In 1961, the UN commission left Haiti. After their departure our young scholar was offered a job a job at the Ministry of Labor and Social Affairs and it was there that he was chosen as economist in the commission which was preparing Francois Duvalier’s Labor Code to evaluate the social benefits that were going to be given to the workers of that time and to be sure that these advantages would not create a problem for Haiti’s economic growth. In that role, he founded the first center for economic and commercial studies in Haiti that still exists today and that has contributed to the training of many Haitian experts. He had to leave Haiti for the United States in the year 1962 and then went to Washington and afterward to Puerto Rico where he was professor at the University of Puerto Rico from 1963 to the year 1972. Following this, he worked nearly 30 years at the United Nations in the course of which he fulfilled functions in Togo, Ivory Coast, and also as head of the UN Industrial Planning Department in Vienna. In that function he dealt with Malaysia, Cameroon and Indonesia. He ended his career at the United Nations in Vienna while ranking as Managing Director. His expertise in technical assistance to all developing countries was highly appreciated as he achieved great efficiency in his outreach to Africa, Latin America, Asia and everywhere.

In his interview he focused on the economic elite of Haiti that he considers as grocers who have done nothing to develop Haiti industrially. He mentioned that the economic elite prefers to buy goods from the Dominican Republic to sell instead of producing these same goods in Haiti. In his opinion the economic elite of Haiti is not involved in local production of goods but simply in commerce.

He gave us his opinion on global solidarity with Haiti after the earthquake of 2010 when it became manifest that foreigners never see the interests of Haiti but their own. He mentioned the name of Bill Clinton and some big NGOs who did not do much for Haiti after the earthquake. These people who went to Haiti presumably for helping after the earthquake rent homes in Haiti at a monthly cost of US $ 60,000 and some of the foreign workers earnt salaries between $ 15,000 and $ 20,000 monthly. He insisted that 80% of the aid given to Haiti after the earthquake went into administrative costs and the Haitian government of that time accepted this situation without saying a word.  He went on to tell us that there are a lot of promised gifts to Haiti that never reached Haitian shores. He mentioned that our leaders are always there to please White men or foreigners. Most often the leaders of Haiti receive as orders the wishes of the White men. Haiti is not always fortunate to have leaders who stand to defend the nation’s interests.

Mr. Latortue gave us the reasons that motivated him to accept the position of Haiti’s Transitional Prime Minister after the overthrow of the elected government of Jean Bertrand Aristide in February 2004. For a good part of the population, 2004 was a year when the Haitian people both inside and outside the country should sit together to celebrate the 200th anniversary of Haiti’s independence. Many of the false friends of Haiti exploit the division and the divergences of the Haitians to advance their agenda against our people The Haitians must always remember this famous sentence of the French anthropologist, ethnologist and feminist Francoise Heritier: Dividing the enemy forces is good but dividing one’s own forces is a serious mistake. He gave his opinion on the overthrow of President Aristide and his cohabitation with President Boniface and expressed his satisfaction at having organized democratic elections during his time as Haiti’s interim Prime Minister. Finally he told us about his book entitled “The Legislative Work of the Transitional Government of Haiti (2004-2006).” To listen to his interview click on this:

Brother Tob